23 août 2007
Pierre Ambroise Choderlos Laclos
image wikipedia
Pierre Ambroise naît à Amiens en 1741, dans une famille de petite noblesse qui réside dans un hôtel de l'actuelle rue Dupuis. Fils d'un secrétaire de l'Intendance, Choderlos Laclos est admis à l'école de la Fère, en 1760. Il devient sous lieutenant à l'âge de 19 ans, servant dans l'artillerie. Ses origines ne l'autorisent pas à occuper un plus haut rang. Il se retrouve en garnison à La Rochelle, Toul, Strasbourg, Grenoble (1769 à 1775), à Besançon, à Rochefort (en 1777)...
Cette même année, il est chargé de créer une école d'artillerie à Valence (où Bonaparte est reçu plus tard). Parallèlement, pour tromper l'ennui, il fréquente les salons, écrit des poèmes. L'opéra dont il rédige le livret connaît un échec patent en 1777.
Il est de retour à Besançon en 1778 puis, au début des années 1780, Chaderlos oeuvre ensuite aux fortifications des îles d'Aix et de Ré. En 1781, il demande un congé de six mois et se lance dans la conception d'un roman épistolaire. Homme de plume, il n'en est pas à sa première tentative. Cette fois, les sulfureuses Liaisons Dangereuses qu'il compose avec une certaine rigueur et une précision toute militaire rencontrent un abondant lectorat. Dans son oeuvre, Madame de Merteuil et Valmont se livrent à des libertinages.
Le scandale accompagne la parution, en 1782, ce qui signifie explicitement succès ! Le roman plaît et est décrié pour une évidente raison : il dépeint sans complaisance les moeurs de l'époque. Peu scrupuleux, la marquise et le vicomte complotent. Vengeance, calculs, manipulations et manoeuvres sont leur raison d'être (les feuilletons télévisés contemporains n'ont rien inventés...). Ils excellent dans l'art de maîtriser leurs passions. Cela les conduit à leur perte : Valmont est tué en duel tandis que la marquise, condamnée en justice, souffre de la variole qui finit par l'emporter... Au XXe siècle, cette création de grande qualité est portée à l'écran à plusieurs reprises.
Chaderlos de Laclos rencontre Marie-Soulange Duperré en 1783. Il l'épouse trois ans plus tard à La Rochelle. De cette union nait, en 1785, un essai intitulé De l'Education des femmes, prônant avant la lettre l'égalité des droits de l'homme et de la femme et appelant à une révolution dans les rapports entre les sexes ?
Il rédige également une Lettre dénonçant les théories de Vauban. Cet écrit provoque un certain tollé dans l'armée. N'y espérant plus de promotion, il en démissionne en 1788 pour rejoindre Paris et être conseiller et secrétaire du duc d'Orléans (futur Philippe Egalité).
Nommé maréchal de camp, il est naturellement emprisonné pour Orléanisme, suite à la trahison de Dumouriez. Libéré lors du 9 Therminador, il est réintégré dans l'armée par Carnot, qui l'affecte au rang de général de brigade.
Laclos travaille alors au Palais-Royal, siège de la famille d'Orléans. Après la prise de la Bastille, il accompagne le duc à Londres pour un bref exil.
De retour à Paris en 1790, il rejoint les Jacobins et s'emploie activement auprès de Danton et de Bonaparte. Avec la Révolution, les activités professionnelles de Laclos prennent en effet une autre ampleur. Il est nommé général d'infanterie en 1792. La Terreur ne l'épargne pas : il est incarcéré le 1er avril 1793 sur ordre du Comité de sûreté générale en raison de ses amitiés avec la famille d'Orléans. Une main secourable vient à son secours ; il se trouve libéré en mai.
On le retrouve au Château-Neuf de Meudon, chargé par la Convention d'expérimenter le boulet creux (l'obus) qu'il vient d'inventer. Il est à nouveau incarcéré le 5 novembre à Picpus, avant d'être de nouveau libéré le 1er décembre 1794, après avoir échappé de peu à la guillotine. Sans doute son appartenance à la franc maçonnerie l'aide-t-elle à échapper plusieurs fois à la peine capitale. Il semble avoir été initié à l'Orient de Besançon.
En 1800, sur décision directe et personnelle de Bonaparte, Chaderlos est nommé général de brigade dans l'artillerie, se trouvant ainsi récompensé pour le rôle qu'il a joué lors le 18 Brumaire. Nommé commandant d'artillerie dans l'armée d'observation des Etats du royaume de Naples, au début 1803, il meurt de dysenterie à Tarente, le 3 septembre suivant.
Mari fidèle, il s'éteint sans avoir mis en forme son projet d'écriture d'un roman montrant "qu'il n'est de bonheur que dans la famille"...
22 décembre 2006
Passage à... Auschwitz, Silésie
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés,
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants,
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres :
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés.
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre,
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
Entre Auschwitz II et II, wagons utilisés pour transporter les Déportés © Vince, décembre 2006
La fuite monotone et sans hâte du temps,
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir.
Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel,
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou,
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel,
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux.
Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage;
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux ?
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenus si bleues.
Les Allemands guettaient du haut des miradors,
La lune se taisait comme vous vous taisiez,
En regardant au loin, en regardant dehors,
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers.

Auschwitz - Birkenau : entrée du camp et Judenramp (400 m) © Vince, décembre 2006
On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours,
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour,
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire,
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare.
Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été,
Je twisterais les mots s'il fallait les twister,
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez.
Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers,
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés,
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants,
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.
Jean Ferrat, Nuit et brouillard
Auschwitz -Birkenau, intérieur d'une baraque ; lavabos ; sanitaires © Vince, décembre 2006
Nota : historiquement, Nuit et brouillard concernait le programme nazi visant la disparition pure et simple des Résistants condamnés à mort mais dont les familles devaient être sans assurance sur le sort. Auschwitz marque la fin du voyage ; c'est Pitchi Poï en Yddish (ce mot désigne un petit village imaginaire et inconnu, au bout du monde). Ce sinistre camp se situe au centre le l'Europe nazie ; il a été le lieu de déportation massif des juifs, victimes privilégiées du régime fasciste (on parlait alors -de manière codée- de Solution finale). Les Déportés étaient triés sur la judenramp ; 80 % d'entre-eux étaient directement dirigés vers les chambre à gaz.
chaussures ; vestiaire et chambre à gaz ; fours crématoires détruits par les nazis en 1945 Auschwitz - Birkenau © Vince, décembre 2006
Ils étaient vingt et cent... et les détails ont leur importance !
Pour en savoir plus suivez ce lien *
12 décembre 2006
Lumières de Montbéliard
défilé de la lumière, samedi 9/12
Chaque année la ville de Montbéliard fête Noël en lumière. C'est la vingtième édition de cet évènement.
Pendant quatre siècles (1397-1793) la ville de Montbéliard, située entre Vosges et Jura, a fait partie du comté de Würtemberg.
L'ancienne principauté célèbre Noël dans la plus pure tradition allemande : illuminations, marché de Noël, patinoire à ciel ouvert, expositions de poupées, une course aux jouets à travers la ville, des contes et concours pour les enfants, concerts, spectacles de rue...
Le Pérou est cette année l'invité d'honneur.
A voir du 25 novembre au 24 décembre.

http://www.20anslumieresdenoel.com/
10 novembre 2006
Conservateur du patrimoine
photo X : façade du musée de Flandre, Cassel
Le rôle du conservateur est d'assurer la protection, la pérennité du patrimoine, représentatif de l'Histoire, de l'Art, à travers écrits, objets, mobiliers, oeuvres qui portent témoignage.
Certains pensent que l'on s'ennuie dans un musée... C'est le lieu où le public peut découvrir le patrimoine. Le conservateur a à coeur de présenter, en les mettant en valeur, les pièces collectées avec la meilleure lecture possible. Certaines oeuvres, comme les pastels ou les gravures, sont fragiles et demandent le minimum d'exposition à la lumière. Chaque pièce exige des conditions de conservation très spécifiques : de température, d'hygrométrie... Le personnel muséal est constitué de scientifiques, de spécialistes du patrimoine, capables de préserver au mieux livres, peintures, sculptures... Le conservateur en assure l'encadrement et vise à optimiser les recrutements. Un musée doit également s'ouvrir sur l'actualité et acquérir de nouvelles pièces que le conservateur recherche, étudie, entretient et propose.
Le Musée départemental de Flandre est un musée de territoire.
L'Hôtel de la Noble Cour de Cassel qui l'abrite, constitue le premier objet de la collection de ce musée départemental, dont les missions sont l'étude, la présentation, la diffusion de la culture flamande dans ses expressions artistiques, historiques, archéologiques, ethnologiques, sociologiques et linguistiques. Le bâtiment fût Châtellenie (instance administrative et financière), fondée en 1218 par Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et -jusqu'au rattachement à la France en 1678- la Cour de Justice relevant du tribunal de Malines.
Sa vocation première s'est modifiée pour devenir un musée de statut associatif puis municipal, avant de rejoindre le Conseil Général, en 1993. Entre-temps, il a été classé Monument Historique, en 1910. Ses fondations menaçant péril, son propriétaire a décidé de lui faire subir un lifting aussi radical qu'indispensable.
Son conservateur, désigné par le Conseil Général du Nord, vient d'en écrire le Projet Scientifique et Culturel (environ 180 pages !). C'est une autre des taches lui incombant. Il s'est impliqué à temps complet dans ce travail, recherchant la meilleure manière d'utiliser le bâtiment, ses pièces typiques comme la cuisine, les jardins... quels éléments de la collection déjà existante mettre en valeur, quelles autres pièces acquérir en complément... ce qui a imposé recherches, prospections, sollicitations.
Ce projet, dont l'échéance est fixée à 2010, entrera en application après l'agrément de la Direction des Musées de France. Mais son conservateur ne pourra pas en recueillir les fruits, puisqu'il vient de quitter le musée de Flandre et son équipe de passionnés pour celui de la Citadelle de Besançon, où il a dorénavant la lourde charge de procéder à un renouveau du musée de la Résistance, de participer à la mise en valeur du remarquable site créé par Vauban...
Autre lieu, autre projet à écrire, autre investissement...
03 novembre 2006
Lilith
Qui est Lilith ?
Une figure biblique, énigmatique, complexe, dont on a même fait un démon. Le Christianisme y fait de rares références, à l'inverse de la Tradition rabbinique, un peu plus prolixe. Faut-il s'en étonner lorsqu'on sait les conditions qui préludent à la naissance de ce personnage controversé ?
Chacun sait, dans notre tradition judéo-chrétienne : Dieu crée l'Homme et la Femme à son image. Plus avant, chacun sait aussi Adam engendré de la glaise et Eve d'une côte de son mâle, de son seigneur et maître (originellement bisexuel par essence)...
Mais Lilith était, avant Eve, l'épouse d'Adam et, comme lui, extraite du limon !
Femme, pareille à l'Homme, elle refuse la suprématie sociale de son compagnon, dans la vie quotidienne comme au lit d'ailleurs. Elle pronait l'égalité des droits au sein du couple et se heurte naturellement à l'intransigeance de son compagnon...
Des ailes poussent à la Dame, qui quitte illico le Paradis terrrestre. Adam, malheureux, implore l'aide des anges qui tentent de faire revenir la Belle sur sa décision. Sans succès !
Qui l'en blâmerait ? Etant celle par qui le scandale arrive, la voila déchue, condamnée aux pires affres : donner vie à une multitude d'enfants, dont une centaine meurt quotidiennement. Incarnant le Démon de Midi (Ps 91), cette profanatrice de la semence humaine aux errances nocturnes, rend visite aux femmes en couche dont elle s'efforce d'étrangler la progéniture avant de la manger...
Séductrice et dévoreuse, elle est un ventre, digestif et utérin...
Voila donc la première Eve chargée de tous les maux... Il fallait bien sauver l'honneur masculin, non ?
23 octobre 2006
Arrêtez le massacre !
Martine Aubry en avait rêvé, Jean-Pierre Chevènement est en train de le faire !!!
La mairie de Lille a échoué dans son projet de construire un "grand stade" à proximité de la citadelle. Il a fallu une dose de motivation importante et de tenacité à un mouvement associatif fort impliqué dans la défense du Patrimoine (sans téléguidage politique), pour tenir au terme d'une longue lutte devant les tribunaux...
Mais la Ville de Belfort, dans l'indifférence générale, est en train de massacrer allègrement les abords de sa propre forteresse Vauban en voulant y construire une mosquée. L'association Belfort patrimoine * lance un cri d'alarme.
On s'en doute, çà n'est pas la nature du projet qui nous choque. Nous réagirions de même, qu'il s'agisse d'ériger là un édifice cultuel, cuturel, administratif, politique ou commercial. Nous en voulons à ces élus qui jouent aux marchands du temple...
La municipalité a décidé d'octroyer un permis de construire un édifice moderne dans le périmètre historique c'est en cela qu'elle est condamnable ! Par cet acte propre à dénaturer le site, elle ruine totalement les chances d'inscrire cet ensemble au Patrimoine de l'UNESCO, pourtant manifestement mérité jusqu'ici. Les solutions de rechange ne manquaient sans doute pas pourtant (comme à Lille où l'on a d'abord voulu prétendre le contraire...) ; nous en voulons pour preuve si l'on les informations recueillies sur place :
http://perso.orange.fr/belfort.patrimoine/
23 septembre 2006
L'enfant de Dikika
La presse s'en est fait écho, abusant parfois un peu de raccourcis faciles et erronés en proclamant que "l'on avait retrouvé l'enfant de Lucy". En dehors de ces effets d'annonce, il n'en demeure pas moins que les restes d'un jeune hominidé ont été exhumés en Ethiopie (à Dikika *). Les paléoanthropologues précisent que l'âge au décès est d'environ trois ans, âge estimé à partir de l'étude de la dentition de lait...
Ces fossiles osseux sont bien plus anciens que ceux du premier spécimen d'Australopithecus afarensis, codécouvert en 1974 par Yves Coppens. L'enfant de Dikika a en effet vécu il y a 3, 3 millions d'années environ, soit 100 000 ans avant sa plus célèbre congénère.
Pareille découverte s'avère exceptionnelle à plus d'un titre. Les chercheurs ont rarement le privilège de tomber sur des spécimens aussi complets qu'anciens. Plus encore sont sans aucun doute les dépouilles juvéniles.
Pascal Picq, maître de conférence au Collège de France, rend compte de l'excellent état de conservation du fossile. Ce vestige permet de confirmer certains des caractères des très lointains cousins de l'Homme moderne, telle l'aptitude à la bipédie. Mais l'omoplate du fossile, décrite comme proche de celle des gorilles au même âge, ne prédisposait sans doute pas Australopithecus afarensis à la course.
En revanche, les phalanges, légèrement courbées, "confirment, à l'encontre des idées de l'école de pensée américaine, que cette espèce avait gardé des aptitudes à la suspension et au grimper".
D'autres observations intéressent vivement les scientifiques, à l'instar de l'os hyoïde (ou "os lingual", qui soutient les muscles de la gorge et de la langue) qui s'avère en très bon état de conservation. C'est un atout exceptionnel ! Situé au-dessus du larynx, cet os joue un rôle majeur dans la capacité à articuler et à moduler des sons.
"On observe qu'il ressemble beaucoup à celui des grands singes, souligne Jean-Jacques Jaeger, professeur de paléontologie à l'université de Poitiers. On peut ainsi se poser la question de l'existence de ces poches d'air - appelées "sacs laryngiens" - qui permettent aux grands singes et singulièrement aux orangs-outans de pousser les cris qui sont la base de leur système de communication." Sur le plan environnemental, l'enfant de Dikika évoluait dans une savane arborée. Rhinocéros, hypparions (ancêtres des équidés actuels) et rongeurs s'y côtoyaient alors.
Le crâne, fort complet, fera l'objet de soins particuliers. Le volume endocrânien (330 cm cubes) s'apparente à celui d'un chimpanzé actuel (environ 400 cm cubes). "La forme de la mâchoire, très aplatie, évoque celle des paranthropes", estime Fernando Ramirez-Rozzi, chercheur au laboratoire Dynamique de l'évolution humaine (CNRS). Ce détail autorise les spécialistes à y voir "la confirmation que les australopithèques ne sont pas les ancêtres du genre Homo mais bien ceux de la lignée paranthropienne."
Sous la dentition en place apparaît, au scanner, la dentition définitive. La morphologie d'une canine suggère un individu de sexe féminin... mais les certitudes demeurent assez minces en la matière puisque "les différences entre les deux sexes sont presque imperceptibles" à cet âge, remarque d'évidence Pascal Picq.
La poursuite des travaux sur ce fossile pré-humain, dirigés sur le terrain par l’anthropologue éthiopien Zeresenay Alemseged (du Max Planck Institute, en Allemagne), devrait aboutir à une connaissance plus fine de la stature et de la corpulence du sujet. Les chercheurs devraient également mieux appréhender les paramètres régissant la croissance assez lente de l'espèce, contrairement à celle des autres primates.
17 août 2006
Art Roman en Catalogne
Saint-Génis-des-Fontaines, linteau ©Vincent, juillet 2006
Les caractéristiques de l'art roman en pays catalan, foyer remarquablement actif, s'observent d'Elne à Cuxa (en France), de Ripoll à Cardona, Gérone, Frontanya, Estany ou Cholera (en Espagne).
modillon, Saint-Génis-des-Fontaines ©Vincent, juillet 2006 chapiteau cubique, Saint-Génis-des-Fontaines ©Vincent, juillet 2006
Toutes ces constructions se distingent par leur simplicité et leur apparente banalité.
Leurs hautes murailles soigneusement appareillées, quasi dépourvues d'ouvertures et de fioritures inutiles, cachent de sublimes décors, majestueusement mis en valeur par cette rigueur et cette nudité de l'architecture. Ces édifices cultuels catalans associent à la sévérité de l'église la paisible et rafraichissante douceur du cloître, ce jardin préfiguratif de la Jérusalem Céleste ou du Jardin d'Eden.
cloitre, Sainte Eulalie, ©Vincent, juillet 2006
Le cloître de la cathédrale Sainte Eulalie, à Elne en Roussillon, est assez représentatif. Sa grande richesse sculpturale fut entreprise à la fin du XIIe siècle ; elle s'achève lors de la période gothique, au XIVe siècle. Parmi les chapiteaux les plus célèbres figurent, dans un vocabulaire très stylisé, la Création d'Adam ou Hérode recevant les Mages.
bestiaire fantastique ©Vincent, juillet 2006 chapiteau historié ©Vincent, juillet 2006
Les vestiges de nombre de ces monuments ont fait l'objet de pillages, tel Saint-Michel-de-Cuxa, dont certains chapiteaux constituent les fleurons remaqués du Closter's museum de New-York...
galerie des chanoines, prieuré de Serrabone, ©Vincent, juillet 2006
Le prieuré de Serrabone, fondé en 1082 à partir d'une église préexistante, se trouve dans un lieu désert. Perché dans la montagne, sur laquelle ouvre la galerie réservée aux chanoines, son austère construction se compose de schiste pyrénéen. Outre ses arcs à double rouleau, il possède une tribune exceptionnellement bien conservée... Sans doute le doit-il précisément à son isolement ? C'est assurément l'un des plus beaux ensembles de la Catalogne romane !
tribune de l'église du prieuré ©Vincent juillet 2006 écoinçon, tribune ©Vincent juillet 2006 chapiteau, tribune ©Vincent juillet 2006
http://www.parole-et-patrimoine.org/romanes/terres/catalogne.htm
http://www.art-roman.net/serrabone/serrabone1.htm
15 juin 2006
Un ange est passé
Hommage à un surréaliste... belge, comme il se doit...
Un ange passe
On dit parfois que j'extravague...
que je délire...
Pourtant, il n'y a pas plus raisonnable que moi !
Il n'y a pas d'esprit plus cartésien que le mien !
Je ne fais que rapporter les faits tels que je les observe.
Il est évident qu'il y a observer et observer !
Cela dépend du sens que l'on donne au mot "observer".
Exemple :
Quand on demande aux gens d'observer le silence...
au lieu de l'observer, comme on observe une éclipse de lune,
ils l'écoutent...
et tête baissée, encore !
Ils ne risquent pas de le voir le silence.
Ils le redoutent !
Alors, dès que le silence se fait, les gens le meublent.
Quelqu'un dit :
- Tiens ? Un ange passe !
alors que l'ange, il ne l'a pas vu passer !
S'il avait le courage, comme moi, d'observer le silence en face,
l'ange il le verrait !
Parce que, mesdames et messieurs, lorsqu'un ange passe, je le vois !
Je suis le seul, mais je le vois !
Evidemment que je ne dis pas que je vois passer un ange,
parce qu'aussitôt, dans la salle, il y a un
doute qui plane !
Je le vois planer, le doute !...
Evidemment que je ne dis pas que je vois planer
un doute parce qu'aussitôt, les questions :
- Comment ça plane un doute ?
- Comme ça ! (geste de la main qui oscille)
- Comment pouvez-vous identifiez un doute avec certitude ?
A son ombre !
L'ombre d'un doute, c'est bien connu...!
Si le doute fait de l'ombre, c'est que le doute existe...!
Il n'y a pas l'ombre d'un doute !
Et l'on sait le nombre de doutes au nombre d'ombres !
S'il y a cent ombres, il y a cent doutes.
Je ne sais pas comment vous convaincre ?!
Je vous donnerais bien ma parole, mais vous allez la mettre en doute !
Le doute... je vais le voir planer...
Je vais dire:
- Je vois planer un doute.
Aussitôt, le silence va se faire...
Quelqu'un va dire :
- Tiens, un ange passe !
Et il faudra tout recommencer !
A propos de l'ange, aussi, on m'en pose des questions insidieuses :
- Dites-moi, votre ange là, de quel sexe est-il ?
Alors là ... (geste de la main qui oscille)
je suis obligé de laisser planer un doute,
parce que je n'en sais rien !
- D'où vient-il ?
Il va vers sa chute !
Parce que l'ange, attiré par la lumière des projecteurs s'y précipite...
Ebloui, l'ange s'y brule les ailes et l'ange choit !
Et un ange qui a chu est déchu !
Mesdames et Messieurs... à la mémoire
de tous les anges qui sont tombés dans cette salle,
nous allons observer une minute de silence...
(L'artiste voyant "passer" un ange, les gens rient)
(L'artiste avec un geste de la main qui oscille)
Il n'y a que les doutes qui planent.
Raymond Devos * (1922-2006).
caricaturezone
02 juin 2006
Entrée libre, réservation conseillée
Vertumne et pomone
Le 04 JUIN 2006
Dans les jardins du musée à Cassel
Dans le cadre de la manifestation nationale Rendez-vous aux jardins, le 04 juin à CASSEL, la Compagnie de Lyse interprètera joyeusement, dans le cadre champêtre des jardins du Musée, les péripéties du dieu Vertumne qui alla jusqu’à se transformer en vieille femme pour séduire la belle Pomone.
Venez donc découvrir cette réinterprétation contemporaine, drôle et subtile, des amours de Vertumne et Pomone inspirée des métamorphoses d’Ovide
Représentations à 15 h et 17 h
Pour accéder au jardin situé à l’arrière du musée départemental de Flandre,
emprunter le chemin des remparts.
Entrée Gratuite
Réservations souhaitées pour la représentation de 17 h 00
03.28.49.10.97





















