09 novembre 2008
Daniel Coulet
Voila un artiste qui est subitement apparu devant nous...
Curieusement même, jamais il ne nous a été donné de voir encore une oeuvre de ce contemporain (né à Montpellier en 1954). Non, c'est grâce à la libéralité d'un petit éditeur faisant son travail de valorisation de son catalogue et de ses possibilités que nous devons cette rencontre inattendue, qui sonne comme un véritable coup de coeur.
Le livre * en question, délicieusement mis en page, présente les vitraux réalisés pour l'église Notre-Dame d'Aubin. Il est du à la plume de Pierre Cabanne, qui précise :
De fait : il y a visiblement de l'épaisseur, de la vitalité, de l'intériorité dans le travail de Daniel Coulet qui, immanquablement évoque une inspiration expressionniste. Cependant, il s'en détache grandement dans la mesure où l'on sent, à l'inverse, cette puissance empreinte d'une force spirituelle, d'un appaisement. Son inspiration, il la puise en définitive dans une respiration en phase avec la Nature, empreinte d'une sage patience. N'était-il pas, avant que de vivre de son Art, animalier-ovin au sein de l'INRA Midi-Pyrénées ? Tel un alchimiste, c'est bien de cet ancrage du vivant qu'il part et explore ce qui se transforme et qui croît.
L'homme également sculpteur, a déjà bénéficié de (exposition d'Art moderne et contemporain de Paris, en avril de cette année 2008). C'est davantage dans ce travail que l'on sent la vibrante pénétration des forces telluriennes, autères et sans encombre de superflu. Son Monument pour les oiseaux de Montségur , son Arbre - Fleur et sa Fleur - Stalagmite -résines sur armatures métalliques- en constituent un bel exemple.
« Les lavis à l’encre de Chine de Daniel Coulet ne sont pas des préparations à ses sculptures dont la monumentalité l’identifie aux églises romanes du Sud, à la fois élancée et trapue, produits de la terre, élans ramassés vers le ciel. Ses œuvres refusent l’effet, les spéculations hasardeuses, les procédés ; leur pouvoir d’étrangeté les rend tragiques alors qu’elles sont seulement vraies, d’une vérité graphique qui n’a rien de dérangeant, ni de démoniaque. Le peintre a beau être « habité » il ne travaille pas dans la fièvre ; les gens du Midi, race singulière, sont ainsi, violemment intériorisés, mais dénués de trouble, le mystère naît du quotidien, de la vie. Observer et imaginer pour Daniel Coulet c’est tout un.
Ses encres n’explorent pas l’inconscient, mais rendent compte d’un monde intérieur entre le réel et le fantastique, la précision et l’allusion, scandé par les arches, les ogives et les arbres qui viennent de sa sculpture, enracinée elle aussi dans la symbolique romane. Celui qui a conçu le mémorial, le pont et l’autel de Rennes-les-Bains, les arbres fantomatiques du métro de Toulouse, le Monument pour les oiseaux de Montségur, travaille pour les hommes, leurs désirs et leurs besoins de chaque jour ; il est proche d’eux, de leurs préoccupations et de leurs travaux. »
01 juillet 2008
Jean-Pierre Sergent
Nous l'avions découvert lors d'une représentation de la Traviata où son oeuvre illustrait la musique.
La Traviata, opéra théatre de Besançon
Nous avons eu hier l'occasion de rencontrer l'artiste dans son atelier pour le vernissage de sa dernière exposition, à Besançon.
Jean-Pierre Sergent s'inspire des cultures ethniques améridiennes, entre autres, pour créer de riches sérigraphies sur papier ou sur plexiglass.
Né à Morteau, étudiant aux Beaux-Arts de Besançon, il exporte son travail aux Etats-Unis ou au Canada où il est un artiste reconnu.
Nous apprécions l'homme et son travail, d'une grande richesse symbolique et picturale.
A découvrir : http://www.j-psergent.com/sergent_bio.htm
06 © Jean-Pierre Sergent
28 janvier 2007
Zoran Music
Nous ne sommes pas les derniers © Zoran Music
Anton Zoran Music est né en 1909 à Bukovica, village proche de Gorizia (appartenant alors à l’Empire d'Autriche-Hongrie, aujourd'hui Etat de Slovénie). Il fait ses études à Maribor, avant de s'inscrire à l'Académie des Beaux-Arts de Zagreb (1930 1935). Music voyage ensuite en Italie, en Espagne, à Paris. Il effectue des copies de tableaux de Goya et du Greco, au Musée du Prado. Sa première exposition personnelle a lieu en 1938. Music commence à dessiner les paysages en Dalmatie où il s'installe après un long voyage en Espagne. Zagreb puis Ljubljana accueillent ses expositions suivantes en 1941. Music se rend pour la première fois à Venise en 1943 et expose à Trieste puis à la Piccola Galleria de Venise où De Pisis préface le catalogue de l'exposition.
Arrêté par la Gestapo cette même année au motif d’activisme anti-Allemands avec des groupes de Résistants de Trieste, Music est déporté à Dachau où il parvient à dessiner et à écrire, au risque de sa vie, l'horreur qu'il vit et qu'il voit. Il réalise, une centaine de dessins décrivant les scènes de pendaison, les fours crématoires, les cadavres empilés par dizaines. L'indescriptible… Zoran Music est « saisi par une incroyable frénésie de dessiner », « peut-être une raison de s'en sortir », « peut-être une raison de résister ». Il dessine la vie au camp : « Une vie de tous les jours comme dans un brouillard, ombres et fantômes bougent ». Cette période de captivité et de souffrance détermine toute son oeuvre à venir.
En avril 1945, le camp est libéré par les Américains. Malade, Music s'installe à Venise. Il y peint ses premiers autoportraits et ses premiers chevaux, il réalise des aquarelles aux Zattere et à Saint-Marc. En 1948, Music expose pour la première fois à la Biennale Internationale de Venise ; cette même année il fait la connaissance de Kokoschka, de Tobey et de Campigli, avec lequel il se lie d'amitié. Il effectue en 1949 ses premières pointes sèches, tirées par lui même à Venise sur les presses de l'Académie. Après des séjours à Venise et en Suisse, il s'installe à Paris en 1952. Il expose à la Galerie de France, en 1952. Un an plus tard, New-York accueille sa première exposition. Music grave ses premières eaux-fortes à l'atelier Lacourière à Paris en 1955, activité qu'il continue désormais très régulièrement. En 1956, Music obtient le Prix d'Art Graphique de la Biennale de Venise, puis le Prix d'Art Graphique de la Biennale de Ljubljana. En 1959 l’artiste s'installe à Paris dans l'atelier qui avait appartenu à son ami Léon Gischia.
Au début des années 60, Music passe tous ses étés à Cortina pour dessiner et peindre. Un an plus tard, Rolf Schmücking publie le premier catalogue raisonné de son oeuvre graphique, pour la période courant de 1947 à 1961. Le musée de Bâle lui achète vingt-six dessins dont dix pièces de 1945, dessinées à Dachau.
En 1970, Zoran Music revient sur le camp où il a séjourné et débute le cycle NOUS NE SOMMES PAS LES DERNIERS, série de tableaux et de gravures sur l'horreur des camps ; ce travail se prolonge jusqu’en 1975. Il exposition à la galerie de France, puis à Munich et Bruxelles. De nombreux musées achètent des oeuvres.
En 1972, Music dessine dans la forêt des Maures des chênes-lièges (série de motifs végétaux). Cette même année, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris consacre la première grande rétrospective du peintre. Entre 1976 et 1980, Music dessine dans la forêt de Fontainebleau et dans les Dolomites : ainsi naît la série des paysages rocheux. Beaucoup d'expositions se succèdent (Darmstat, Bâle, Oslo). Au début des années 80, Music réalise la série des Canale della Guidecca, puis la série des intérieurs de cathédrales.
En 1990, le Künstlerhaus de Klagenfurt expose des oeuvres de la Fondation Music qui a été créée par la Municipalité de la ville. De très nombreuses expositions sont organisées les années suivantes (Bâle, Genève, Antibes, Milan, Venise...). En 1995, il fait partie de la sélection française pour le centenaire de la Biennale de Venise.
Zoran Music est mort en mai 2005.
En savoir plus ? Faites un petit tour chez un galeriste Suisse * de notre connaissance
http://www.etab.ac-caen.fr/discip/action_culturelle_academique/lepeintreprendlaplumemusic.htm
08 décembre 2006
Fragonard à Besançon

Pour le bicentenaire de la mort de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) est donnée une exposition d'exception à Besançon. En effet, notre belle ville possède une centaine de dessins de Fragonard...
Ces dessins ont été offerts au musée des Beaux-Arts et à la Bibliothèque municipale par le collectionneur Pierre-Adrien Pâris en 1819 et l'artiste Jean Gigoux en 1894, tous deux bisontins. C'est la première fois que les deux collections se trouvent réunies.
Pour l'occasion Claire Stoullig, conservatrice du musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, a demandé à un spécialiste d'étudier et de certifier les dessins : Pierre Rosenberg de l'Académie Française, grand historien d'Art et président-directeur honoraire du musée du Louvre. LE spécialiste de Fragonard, auteur également du catalogue de l'exposition.
C'était hier le vernissage de l'exposition, auquel nous étions conviés. Outre le plaisir de voir les dessins présentés, nous avons eu la joie d'écouter Pierre Rosenberg en personne nous conter Fragonard...
Fragonard, natif de Grasse, fût élève de Chardin et de Boucher à Paris. En 1752 il remporta le Premier Prix de Rome. Il peut ainsi étudier sous l'enseignement de Carle Van Loo. Sa couleur de prédilection sera le jaune qu'il exprime dans toute sa gamme.
Lors de ses séjours en Italie Fragonard préfère dessiner les paysages : arbres, ciel, nuages... Son travail est vif, dynamique, à la sanguine ou la pierre noire. Il sera également le peintre de la frivolité, des scènes légères en opposition à la rigueur néo-classique de l'époque.
Fragonard, après avoir été peintre d'histoire à l'Académie, terminera sa vie comme conservateur du Museum central des Arts, ancien Musée du Louvre.
Cette très belle exposition est visible au musée des Beaux-Arts de Besançon pendant trois mois...
28 novembre 2006
Pascal Barbe
"J'ai rencontré beaucoup de peintres dans mon existence de cinéaste. On s'est croisé, parlé, on a dîné et discuté ensemble. J'ai très souvent été déçu par leur mercantilisme, leur nullité, leurs prétentions ou leur fausse modestie ... Et un jour, dans la région du Nord de la France, j'ai vu apparaître un bonhomme aux yeux mangés par les insomnies et le travail, à la voix cassée à force de parler de tant de choses passionnantes. Il m'a entraîné dans une petite maison de mineur de charbon où, en vrac, s'étalaient des dizaines d'oeuvres, toutes pétries d'un talent fou ou d'un talent de fou, comme vous voulez. Des couleurs, des visions démoniaques, tout droit sorties de ce qu'il avait vécu. La vision d'un jeune homme sensible devant les horreurs de la vie quotidienne. Jean-Pierre MOCKY (1986) Les mots de Mocky sont justes... Il faut dire qu'il a accueilli Pascal comme son fils spirituel. Nous avons eu la chance de rencontrer l'artiste dans le quartier lillois où il vit. Pasacal Barbe est initié à la peinture et à la poésie par son grand-père, natif de Chicago, venu en France dans les années 30. Adolescent, il rencontre Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Bernard Clavel... Il sera élève et ami d'Eugène Leroy. Il peint des miniatures sur des cartons de bière. Sa peinture se nourrit de révolte, exprime l'inhumanité de notre monde. Saint Nicolas, souvenir d'une période de son enfance dans l'Est, est un sujet qu'il travaille sous forme de polyptyques, à la manière du retable d'Issenheim. Bari, ville italienne où repose l'évêque, saint-patron des enfants, lui commande neuf oeuvres en 1998. Pascal est un artiste aux talents multiples : il est l'auteur de l'affiche de LITAN, film de Jean-Pierre Mocky, il travaille avec Daniel Mesguich (Ann Boleyn, Marie Tudor...), il crée Fantômas au Biplan, une affiche pour Reporters Sans Frontières (2000)... Depuis 2000 il travaille sur l'Inde, la Chine, le Japon ; sans oublier Saint Nicolas, sujet de prédilection, symbôle de l'enfance, toujours sous forme de polyptyque. "Depuis que nous avons précipité la conception de cet enfant prodigue qu'est Dieu il n'a jamais eu la possibilité de sortir du trou noir, du mirage et par le manque d'entendement nous demeurons de fulgurants employés du temps". Pascal Barbe. |
24 octobre 2006
Petite biographie d'Augustin Hanicotte
Extrait d'un article à paraître en décembre dans l'Indigène.
Augustin Hanicotte, natif de Béthune (22/07/1870), n’y aurait passé que ses tendres années. Suite au remariage de sa mère, qu’il perd à l’âge de treize ans, il devient beau-fils de Pierre Rinquin. Homme d’exception, cet enseignant occupe courageusement le fauteuil majoral aux heures les plus sombres de la Première Guerre mondiale (comme en témoigne sa correspondance privée) ; sa mémoire mérite réhabilitation...
Sans qu’avec précision l’on connaisse les tenants, Augustin « monte à Paris » et s’implante à Montmartre vers 1890, quartier pittoresque très fréquenté des artistes. C’est également là que les propriétaires du « Petit Béthunois », organe de presse impliqué dans la vie de la citée artésienne, possèdent une imprimerie…
On ne connaît à priori nul détail de la scolarité de ce fils de Buridan ; pas de certitude sur son passage dans un établissement cambrésien après le décès maternel. Rien des ambitions, des passions qui le propulsent dans la capitale. On ne sait pas davantage ce qui le conduit à choisir pour maître Fernand Cormon (1845-1924), hormis la notoriété ? Ce peintre académique aux vertus pédagogiques remarquables [1] enseigne alors en indépendant, avant de finir sa carrière à l’Ecole des Beaux-Arts.
Hanicotte se prend d’amitié pour Jules Adler (1865-1952), notamment connu pour sa Grève du Creusot (1899) et Emile Wéry (1868-1935), peintre-graveur champenois (ponctuellement voisin d’atelier d’un autre nordiste : Henri Matisse (1869-1954), avec qui il voyage en Bretagne [2] en 1895 et 1896)… La fidélité des trois hommes dure toute leur vie. Le Béthunois quitte parfois Paris, qu’il affectionne pourtant au travers de ses cabarets ou des festives « cavalcades de la Vache Enragée », pour des espaces incitant davantage à la méditation et à l’expression de son art. Il peint en Normandie puis en Bretagne (Solitude, en 1895, œuvre détruite du musée de Saint-Nazaire). Aucune relation de ces périples, aucun témoignage direct ou indirect de ses rencontres, de ces échanges ; tout au plus quelques mentions comptables dans ses archives. Ces côtes ont cependant inspiré les impressionnistes et son contemporain Gauguin avec, derrière lui, les Nabis.
Ses pas mènent ce solitaire en Hollande, par suite de quelques lectures [3] ? En quête d’un pittoresque ethnographique effleuré lors de ses voyages en province, il se plaît dans la petite agglomération portuaire de Volendam, sur les bords du Zuiderzee. L’aubergiste du coin prend Hanicotte en affection. Comme à bien d’autres peintres, il lui loue une bicoque-atelier. L’hôtelier se plait en compagnie des artistes, nombreux à passer par la bourgade colorée. Les murs du restaurant de l’Hôtel Spaander s’ornent de tableaux laissés en guise de paiement, pratique évoquant Montmartre… Augustin se fait des connaissances, des amitiés [4]. Un 6 décembre, pour le sourire des enfants, le nordiste joue au bon saint Nicolas ; d’une petite embarcation, il atterri sur la plage en costume d’évêque, offre des friandises. Il prête aussi activement son concours au tournage d’un film prenant pour figure les Volendamers. Est-il meilleure manière pour s’intégrer ?
Eté comme hiver, outre moulins et clochers, il dessine sur le motif les personnages qu’il côtoie : pêcheurs, enfants, personnes âgées, en extérieur comme au cabaret. Vers 1905, Augustin se passionne pour les patineurs sur glace dont il croque volontiers la gracieuse gestuelle (à l’exemple de l’un des dessins acquis). Il subsiste de cette période quelques pochades et huiles rendant compte du chemin parcouru… L’artiste cherche instinctivement la simplicité, le trait épuré et joue avec de son indéniable talent de coloriste par des rehauts et des aplats traduisant la lumière. Econome de ses moyens, il va à l’essentiel ; c’est là une exigence qu’il tiendra jusqu’à la mort. Son inspiration semble s’inscrire, par une sorte de filiation naturelle, dans le sillage des scènes de genre des Breughel, revisités, réappropriés, réinventés tel qu’un Van Gogh a su le faire avec d’autres de ses devanciers. Mais là n’est pas son unique source, tant est frappante la manière dont Hanicotte aborde et se pénètre de l’ambiance des thèmes hivernaux… si proche d’Hendrick Avercamp (1585-1634), le « muet de Kampen », influencé à ses débuts par les Flamands d’Amsterdam (comme en témoignent ses paysages) [5]. Ce maître, l’un des plus grands de l’école hollandaise du XVIIe siècle, était fort apprécié pour ses dessins foisonnants de vie, colorés d’aquarelle et de gouache.
A l’inverse de bien d’autres, qui passent à Volendam mais ne restent pas, Hanicotte songe de moins en moins rentrer en France… d’autant qu’il rencontre l’âme sœur en la personne de l’une des filles de Leendert Spaander : « Trinette » ! Pragmatique, il conserve des liens avec le monde parisien [6] et présente régulièrement des œuvres au Salon. Deux toiles sont primées : Leur Mer (1904), que l’Etat achète également avant de l’envoyer à Saint-Denis-de-la-Réunion [7] et La Kermesse (1911), acquise pour le Luxembourg (déposée ensuite au musée de Valenciennes)… Une troisième œuvre, plus originale, mieux aboutie aussi, se trouve dénigrée des officiels -y compris de Cormon-, traite de l’Enterrement d’un Pêcheur (1911). Son approche, pensons-nous, fait écho à l’authentique tradition toujours bien vivante des Charitables de sa ville natale…
En dépit de cette blessure d’amour propre, l’atmosphère lumineuse du pays batave semble propice au travail. Mais des bruits de bottes raisonnent ; le jeune couple prend le train pour Paris où il convole en juste noce. Jaurès vient de mourir…
Tandis que certaines de ses œuvres figurent au pavillon de la France à l’exposition universelle inaugurant le canal de Panama [8], il répond à une convocation de l’Armée. L’âge ne lui permet pas un service d’active ; sa santé le dispense des Auxiliaires. Hanicotte souffre de polyarthrite articulaire ; il ne peut tenir un fusil et éprouve sans doute, lors de crises aigues, autant de difficultés avec un pinceau…
Le couple part pour Perros-Guirec, site de villégiature en vogue. L’architecte Delvaux, amitié montmartroise, les rejoint avec sa compagne et prend une location dans le voisinage... Wéry serait-il du voyage ? Le journal de Maurice Denis (1870-1943) [9], brièvement présent en son refuge de Silencio, mentionne qu’il croise cet ami.
Hanicotte gagne Lourdes et rencontre un médecin réputé, mais le praticien doit vite rejoindre les drapeaux. Il conseille un climat approprié au malade. Delvaux recommande Banyuls qui bénéficie d’un microclimat. Le couple s’y installe. Cet emménagement de courte durée offre-t-il l’occasion d’un contact avec le sculpteur Aristide Maillol, dont l’atelier se situe dans la « Métairie » familiale ? Sans qu’aucun élément impartial n’accrédite une amitié partagée, il apparaît qu’Hanicotte rend de temps à autre visite au sculpteur. Lui doit-il quelques conseils, quelques encouragements [10] ?
Sans quitter le littoral catalan, le peintre fait choix de Collioure. Ce petit port de pêche, mondialement connu grâce à Matisse et Derain, offre d’étranges similitudes avec Volendam. Augustin y trouve une part de ce qu’il a perdu, en 1917, lors de l’inondation des polders néerlandais. Dans ce cataclysme disparaît l’essentiel de son fond d’atelier, mettant un terme à toute éventuelle velléité de retour.
Cette tragédie n’empêche pas Hanicotte de repartir avec ardeur. A l’appui de ses croquis, il revient sur des thématiques typiquement hollandaises, tels les patineurs sur les canaux ou la mer gelés, près de Marken. Ce retour devient sensible dans la dernière partie de sa vie…
Pour l’heure, Augustin reprend l’atelier de Matisse, qu’il ne croise pas [11]. Le couple loue une maisonnette, rue Mailly [12], non loin de Notre-Dame-des-Anges, remarquable par la physionomie de son clocher-tour… Sur la grande plage ou sur celle d’Avall, règne des pêcheurs d’anchois et des ramendeuses, le peintre croque la vie alentour des barques catalanes. A l’embouchure de l’Ouille, les lavandières attirent son œil [13]. Il grimpe aussi dans la montagne, s’intéresse aux chevriers, aux figuiers, aux chênes-lièges, aux oliviers, aux maquis en fleurs, à la vieille route de Port-Vendres, au chemin de fer et au viaduc, aux jeux de la mer et de la montagne…
Dans l’Entre-deux-guerres, il renoue avec une action militante engagée à l’orée du siècle. En lien étroit avec les instituteurs, contre l’Education Nationale parfois, il emmène les élèves dans la nature et les initie à l’observation, au dessin, à la couleur… Pédagogue, il forme une « Ecole des Gosses de Collioure », exposée à Paris ou Cannes, grâce à la bienveillance de proches : Delvaux ou Wery [14].
Hanicotte n’échappe pas à la silhouette du Château des rois de Majorque [15]. Sensible à cet environnement, le nordiste s’engage activement et prête son concours au recensement des monuments historiques, décidé par Vichy. Il réagit vivement aux tentations municipales de démantèlement des remparts corsetant la citée, comme ensuite à l’Occupant dont les ordres de Berlin obligeaient à un dynamitage avant la fuite…
Sa correspondance l’atteste sans équivoque : Hanicotte n’apprécie pas l’ennemi. Toutefois, sa notoriété de peintre lui vaut de rencontrer le Fregattenkapitän Walter Denys [16], homme de culture d’origine française. Ces contacts obligés et polis ont-ils servi à l’abandon du projet destructeur ? Hanicotte n’a pas participé à la Résistance, à la différence de Maillol [17]. Comme beaucoup d’artistes [18], il a même contribué à une demande des Beaux-Arts visant à offrir au Maréchal un portefeuille d’œuvres originales. Rien ne permet toutefois de le suspecter de collaboration.
Sur base de dénonciations calomnieuses [19], il subit lors de l’Epuration (sanglante en Roussillon) un humiliant enfermement à la citadelle de Perpignan. Pis encore, malgré l’inconsistance du dossier d’accusation, ce Colliourenc d’adoption connaît l’infamie d’une interdiction de séjour. L’exilé renonce définitivement à la côte Vermeille. Anéanti, il s’installe à Narbonne et y termine ses jours, en 1957. Il y achève notamment une grande fresque sur kraft, faute de moyens, consacrée à la grande plage de sa terre d’élection [20]. Son œuvre transpose cette vision caractéristique d’un peintre septentrional, attaché aux scènes de genres, à l’univers coloré des bords de la Méditerranée.
Le Musée Régional d’Ethnologie possède deux œuvres d’Hanicotte : l’une achetée auprès de l’auteur, en 1932, pour constituer un fonds de peinture -désormais imprescriptible- au sein d’un musée communal déjà embryonnaire ; la seconde, une lithographie, don des Amis du musée en 2005. L’acquisition réalisée s’est effectuée dans ce contexte, en lien avec le Projet Scientifique et Culturel en vigueur ; elle apporte un complément judicieux, propre à saisir le travail du Béthunois. Un achat qui s’articule avec des collections et qui fait sens… Les dessins d’Augustin Hanicotte constituent des « notes » prises sur le motif. Certains morceaux figurent dans des compositions plus ambitieuses, réalisées en atelier.
[1] Cormon, de son vrai nom Fernand-Anne Piestre, est connu pour ses peintures d’Histoire, tel Caïn fuyant avec sa famille (h.s.t., 1880 - musée d'Orsay). Il professe notamment à Lautrec, Louis Anquetin, Adolphe Beaufrère, Emile Bernard, Charles Laval ou… Vincent Van Gogh…
[2] Matisse reproche à Wéry son utilisation de la couleur, au sortir du tube… Les deux hommes se quittent fâchés.
[3] L'historien d'art franco-américain Henri Haward a publié, en 1874, un livre intitulé - La Hollande Pittoresque, s’imposant comme référence dans les milieux artistiques et motive des peintres à s’aventurer aux Pays-Bas.
En 1876, l’anglais Georges Clausen passe ainsi quelques temps à Volendam. Toutefois, c’est grâce aux articles d'Hubert Vos, dans The magazine of Art (1893), que l'endroit accède réellement à la notoriété.
[4] Comme Wilm Wouters (1887-1957) et Georg Herin (1884-1936), qui deviendront ses beaux-frères...
[5] Avercamps est faiblement représenté dans les collections publiques des Musées de France, quand il ne s’agit pas de son neveu (ou frère cadet ?) et élève : Barent Avercamp (Kampen 1612-1672 / 79 ?).
[6] Il reçoit notamment la visite d’Adler, accompagné du très influent critique Louis Vauxcelles, qui popularisa le terme de « Fauve ». Sans doute aussi eut-il le plaisir de recevoir Emile Wéry, qui présente en 1900, au Salon de la Société des Artiste Français, Les Bateliers d’Amsterdam. Cette œuvre connue par la photographie d’un album recensant les acquisitions de l’Etat, a été détruite à la C.C.I. de Boulogne/Mer durant la dernière guerre.
[7] La vente publique a permis l’acquisition de deux études préliminaires pour chacune de ces pièces.
[8] L’ensemble des œuvres, plutôt que de risquer un retour, sillonne ensuite U.S.A. et Canada.
[9] Peintre néo-impressionniste issu du mouvement Nabi.
[10] Plus tard, alors qu’il demeure à Collioure, Hanicotte s’essaye à la tapisserie et même, moins probant, à la céramique. Si de nombreux artistes fréquentent le port catalan, il est assez probable que les deux hommes abordent pareilles questions. L’approche japonisante de certains sujets s’effectue-t-elle également dans ce contexte ? La relative proximité des deux hommes rend fort inutile les échanges épistolaires. De leurs rencontres (à l’inverse des rapports formalisés entre Aristide Maillol et Maurice Denis), ne subsistent qu’un petit nombre de photographies. Dina Vierny, ultime muse de Maillol, nous a précisé qu’elle réfutait l’existence de liens d’amitiés partagés.
[11] Ce dernier, parti pour Nice, ne remet plus les pieds à Collioure. Cet atelier pourrait être celui dont la fenêtre ouverte donne sur le petit port catalan, visible sur une œuvre du nordiste.
[12] Avec accès boulevard du Bauramar, directement face à la mer.
[13] Le musée a manqué la vente publique d’un tableau sur le sujet, chez Mercier, à Lille en 2004.
[14] Adolphe Delvaux, aussi aquarelliste, exposait en galerie ; Wery vivait dans l’ombre de Renoir, à Cannes…
[15] Ni aux forts environnants : Saint-Elme, Dugommier, les anciens casernements des soldats et officiers, les vestiges des anciens remparts, le fort Miradou, le Fort-Carré, le Fort-Rond et autres tours à signaux…
[16] Ce personnage clef dirige les défenses du « Stützpunktgruppe Port-Vendres », assure la sécurité des installations portuaires, le fonctionnement et l’administration militaire des services attachés.
[17] Dina Vierny fait partie du Comité Frye et favorise le passage des antifascistes à la frontière espagnole. Le sculpteur l’aide et sera à l’origine de la fameuse « voie Maillol », chemin de contrebandiers transfrontalier.
[18] Dont son ami montmartrois Guérand de Scevola… pionnier du camouflage militaire lors de la Grande Guerre.
[19] Comme l’atteste le dossier conservé aux Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, vide d’élément sérieux… Localement, on pouvait peut-être en vouloir à cet « étranger » susceptible de contrecarrer certains projets d’aménagement. Son épouse, n’usait-elle pas d’une langue que des méridionaux peuvent facilement assimiler aux accents teutons ? Quant à sa fille, quelle faute impudente que de jouir du privilège de fréquenter la plage interdite aux travailleurs de la mer…
[20] Finalement acquise pour le musée de Collioure, sous l’impulsion de Joséphine Matamoros, par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales.
Les lavandières, vallée de l'Ouille, Collioure (vente Mercier)
Le 10 décembre 2005, avec l’aval de la Ville et de la D.M.F., le Musée Régional d’Ethnologie, déliquescent, procède -en salle des ventes de Vannes- à l’achat de vingt-cinq dessins. Ce lot homogène provient de la dispersion d’un ensemble potentiellement issu du fond d’atelier d’un peintre actif à la fin du XIXe et du début XXe siècle : Hanicotte, encore assez méconnu des publics avertis.
18 octobre 2006
Passion commune

Bleu hétéroclite © Catherine 2005
Nos parcours respectifs nous ont confrontés fort tôt à l'expression artistique. En hôpital psychiatrique, certains patients semblent développer de manière exacerbée leur fibre créatrice, comme libérée, désinhibée par la maladie. Jean Dubuffet ne l'avait-il pas mis en évidence dès 1945, en posant les fondements de l'Art Brut * ?
En croisant des plasticiens, en étudiant la biographie d'artistes accomplis, nous avons appris qu'il n'était pas essentiel d'avoir une formation pointue pour créer. Certains revendiquent et conseillent de " ne pas faire les Beaux-Arts !" Ces artistes-pédagogues pensent que l'enseignement académique et donc doctrinal, pouvait brider l'esprit créatif, le dénaturer. L'important n'est-il pas de trouver sa propre "signature", sa voie d'expression, son style ? Les sculpteurs romans seraient-ils plus dénués d'intérêt que n'en ont ceux de la Renaissance ?
Sans les jalouser, nous aimerions pourtant bien posséder leur technique...
Il n'y a pas de secret : travailler, encore et encore, essayer sans avoir peur de "rater", recommencer toujours. Apprendre en faisant, chaque jour, mais également en côtoyant d'autres artistes, en échangeant idées et approches techniques.
Avouns-le, nous nous y sommes essayés l'un et l'autre. Sans grande assiduité... Il faut du temps, de la place, un endroit où pratiquer parce l'inspiration n'attend pas et vient à n'importe quel moment ! Pour autant, nous aimons dessiner, peindre, sculpter... Sans prétention, juste pour le plaisir de la matière, de se perdre dans l'objet façonné, de faire corps avec lui et oublier l'espace Temps. Parfois quelque chose en sort, mais ce n'est pas essentiel.
Ensemble, nous apprenons beaucoup aussi, l'un de l'autre... Nous mêlons nos connaissances en Histoire de l'Art, nos visite de musées, de galeries, d'ateliers d'artistes (endroits ô combien magiques)... Nous mêlons nos sensibilités, nos ressentis. L'atelier est le lieu privilégié où se découvre la personnalité d'un créateur, où se comprend son oeuvre, parfois si mystérieuse au premier abord. On appréhende mieux en observant ces artistes évoluer dans leur cadre de vie créatif, en les écoutant se raconter... Chaque oeuvre a une histoire, une sensibilité liée à un moment particulier.
Certains artistes font ce qu'il convient tristement d'appeller de " l'alimentaire". Ils utilise systématiquement leur média de la même façon, s'appesantissent sans cesse sur les mêmes sujets, parce qu'ils n'ont rien à dire, parce que ça se vend bien... Ils agissent comme s'ils se copiaient eux-même, sans vraiment se renouveler et, inévitablement, perdent leur sensibilité. Tels Faust, ils vendent leur âme au diable en échange d'un talent apparent et ne deviennent que des techniciens de l'Art.
Un virtuose n'est pas obligatoirement un artiste : la technique ne fait pas l'Art, elle fait l'artisan. Ce qui n'est pas moins noble, lorsque les choses sont clairement posées...
06 juin 2006
Saint-Vit
Voila un vocable qui laisse rêveur... Attention à la danse... choréiforme tout de même car, en définitive, ce nom peut tout simplement se transcrire par Guy. Mais non ! Ne riez pas. Tout cela est très sérieux car ces pratiques relèvent originellement du culte d'Orphée et de danses pratiquées autour des malades. Sans doute le connaît-on un peu mieux dans l'Est de la France. N'y voyez aucune perfide allusion, il existe simplement une commune éponyme proche de Besançon...
La tradition hagiographique fait naître saint Vitus en 303 à Lucania, dans le sud de l’Italie. La Légende Dorée rapporte qu'avant de mourir il aurait supplié Dieu de préserver de toute affection choréique ou convulsante ceux qui célébreraient l’anniversaire de sa mort. Ainsi en va-t-il comme pour la charité : on est jamais si bien servi que par soi même, n'est-il pas ? Vénéré en Italie, Charlemagne encouragea son culte dans tout son Empire pour lutter contre les pratiques païennes. Et voilà notre Guy en promotion européeenne ! Charles IV (celui du pont), empereur du Saint-Empire-Romain-Germanique le déclara patron de Bohème et lui consacra la cathédrale de Prague, en 1355. Il voulait faire ce la vieille cité le centre de son pouvoir.
cathédrale Saint-Vit © Vincent, mai 2006
Cette cathédrale est à l'image de la Bohème : elle reflète de l'ensemble de l'architecture gothique de type français (répandue largement au delà des frontières du royaume). Elle en fait une sorte de synthèse. Il s'agit d'ailleurs d'une hallekerke" ou église-halle", dont le modèle est communément présent en Flandres... même si le modèle Praguois s'approche davantage dans ses recherches architecturales des solutions retenues dans le Sud de la France, à Albi notamment. Sa construction est du reste à placer à l'initiative de Jean de Luxembourg, dit l'Aveugle, titulaire de la couronne de Bohème (ainsi que de nombreuses terres en Haynaut) et qui, l'an de grâce 1344, obtint le rang d'archevêché pour la ville épiscopale.
Et c'est l'architecte Mathieu d'Arras qui s'y colle ! On ne sait rien de sa formation initiale, forcément septentrionale, mais on le suit dans le Midi de la France... comme par hasard ! Mais ce maudit françois meurt en 1352, alors que les bases du chevet sont seules posées... Charles IV tergiverse un peu avant de lui nommer pour successeur un Allemand : Peter Parler, qui remet en cause le projet initial, comme il se doit. C'est lui qui crée, notamment, le superbe triforium ajouré si lumineux. Un beau morceau... L'artiste décède en 1399. Son fils lui succède...
La révolte des hussites, en 1419, appauvrit le trésor de l'église, qui connait un important ralentissement de chantier. Saint-Vit est toujours dépourvue de nef. On réalise quelques travaux pour relier l'édifice religieux au palais mais un incendie survient qui ruine de nombreux efforts. La restauration engagée en l'espace de vingt ans se trouve à son tour mise à mal par les Réformés qui dévastent la cathédrale en 1619. Les travaux sont à nouveau abandonnés...
Finalement, il faut attendre le XXe siècle pour parachever la construction... Cà n'est qu'en 1903 qu'une toiture chapeaute enfin la nef... Pour être achevée en 1929 !
Voila brièvement tracée l'histoire de l'édifice. D'autres sources sont à suivre pour les historiens d'Art qui voudraient détailler l'édifice *.
nef © Vincent, mai 2006 reconstitution d'une grue médiévale © Vincent, mai 2006
Mais en dehors de l'histoire étonnante de cette cathédrale, ce qui nous a particulièrement intéressés, ce sont ses vitraux. En effet, il est suprenant de trouver des vitraux Art nouveau dans un édifice religieux avec, d'autant plus, la publicité du mécène...
En 1931, la Slavia Bank sponsorise... Alfons Mucha pour dessiner un superbe vitrail qui éclaire Saint-Vit ! Un chef d'oeuvre à voir absolument !
vitrail par Mucha © Vincent, mai 2006
19 mai 2006
La Nuit des musées
Samedi 20 mai, pas loin de 850 musées français et 810 musées européens participent à cette seconde édition de la Nuit des musées, placée sous l'égide du conseil européen . Le but de cette manifestation est de démocratiser la culture et d'en permettre l'accès au plus grand nombre.
Les musées du Nord / Pas-de-Calais seront mis à l'honneur par une riche programmation (danse, théatre, musique...) grâce à des spectacles vivants et variés, que ce soit à Arras, Dunkerque, Douai, Graveline...
A Lille, les différents musées présentent des mises en scène de qualité :
Au musée des Beaux-Arts, place de la République, à 21 h, solo de danse de Carolyn Carlson "des vices et des vertus, Giotto solo", à 22 h projection dans l'Atrium du film "La Belle et la Bête" de Jean Cocteau, sans oublier la visite guidée "des vices et des vertus" et l'exposition temporaire "Du dessin au vitrail"...
Au musée d'Histoire Naturelle et de Géologie, rue de Bruxelles, une fanfare cuivrée brésilienne mettra en valeur la magifique exposition des "Gardiens de la forêt-l'art de la plume en Amazonie", illustrée par des jeux de lumière d'un artiste plasticien. Ne pas oublier sa lampe de poche...
Le musée Départemental de Flandre profite de son exposition "Paysages de Flandre, de l'infiniment petit à l'infiniment grand" au CAUE rue des Stations, pour présenter, à partir de 21 h, "A la recherche de l'Eden Perdu", spectacle de la compagnie des Astres (une représentation toutes les demi-heures ; il est prudent de réserver au 03 28 49 10 97 ou museedeflandre@cg59.fr)
Le musée d'Art et d'Industrie de Roubaix -La Piscine, rue de l'Espérance, présentera de 15 h à 18 h une animation autour de l'exposition de l'artiste argentin Omar Estela, de 18h à 19h "verres à corps", une chorégraphie avec la souffleuse de verre Isabelle Poilprez et le danseur Youtaka Takei, de 19h30 à 20h Laure Chailloux et son accordéon diatonique, et la soirée sera clôturée par le Bal de Tango avec la compagnie Le Huit renversé.
Au musée des Beaux-Arts de Tourcoing, rue Paul Doumer, soirée "What's ouate ?" de 16 h à minuit, avec "Fibres", solo de la danseuse Séverine Rième, sans oublier l'accès aux expositions permanentes et à l'exposition temporaire "L'amateur d'estampes-Cabinet d'arts graphiques", avec de très belles gravures d'Eugène Leroy.
Si vous ne savez pas quoi faire samedi soir, vous n'avez que l'embarras du choix !
Demandez le programme au http://www.musenor.com/ !
17 mai 2006
Les Nymphéas à l'Orangerie
Fermé pour rénovation, c'est ce jour que rouvre le musée de L'Orangerie *.

Située entre la Seine et le jardin des Tuileries, l'Orangerie des Tuileries était initialement édifiée pour accueillir des orangers, fin XIXe siècle. Après le Second Empire l'édifice est réservé à diverses manifestations culturelles. Lors de la Première Guerre mondiale il sert à entreposer du matériel militaire...
En 1921, le lieu est dédié aux Beaux-Arts. Claude Monet y installe ses Nymphéas *, illuminés par la superbe verrière. En 1927, peu après sa mort, L'Orangerie devient le musée Claude Monet.
Cet établissement reçoit de grandes expositions temporaires : Les Peintres de la réalité en France au XVIIe siècle, en 1934, ou encore les chefs-d'œuvre des collections privées françaises, rapatriés d'Allemagne par les Alliés, en 1946.
Après guerre, l'Orangerie, associée à la salle du Jeu de Paume (consacrée à l'Impressionisme), devient un grand centre artistique parisien, prenant le nom de "Galeries nationales du Jeu de Paume et de l'Orangerie", sous la direction du Louvre.
En 1959 et 1963, Juliette Lacaze, épouse du marchand d'Art Paul Guillaume, lègue à l'Orangerie le fonds de son mari. La "Collection Jean Walter et Paul Guillaume * " se constitue de cent quarante quatre oeuvres de Cézanne, Renoir, Rousseau, Matisse, Picasso, Derain, Utrillo, Modigliani et Soutine... L'Orangerie est spécialement aménagée pour les accueillir. Lors de ces travaux, Les Nymphéas, relégués au second plan, perdent l'éclairage de la verrière qui les mettait si bien en valeur...

Paul Cézanne, Pommes et biscuits, © Musée de l’Orangerie - RMN
De belles expositions sont encore données, comme Georges de La Tour en 1972, Braque en 1973, ou La peinture allemande à l'époque du Romantisme en 1976.
De 1977 à 1984, le bâtiment sera fermé... pour entretien. Il présente ensuite en exposition permanente, comme il se doit, Les Nymphéas et la Collection Jean Walter et Paul Guillaume. Mais en 2000, l'Orangerie ferme de nouveau ses portes pour rénovation. Délaissée au profit d'autres musées de la capitale (Orsay, Beaubourg...), elle s'est dégradée au fil des années.
Sous la direction des Musées de France et de l'architecte en chef des monuments historiques, l'Orangerie retrouve aujourd'hui sa verrière et les Nymphéas de Monet sont de nouveau mis en lumière :
"On célèbre l'arrivée de la lumière dans ce musée que l'on a surnommé la chapelle Sixtine de l'impressionnisme", souligne Philippe Saunier, conservateur au musée de l'Orangerie.
De nouveaux espaces ont été créés en sous-sol, sur plus de 3. 000 mètres carrés, pour la Collection Jean Walter et Paul Guillaume. Une salle de 500 mètres carrés permet désormais d'accueillir les expositions temporaires. La prochaine, prévue en novembre 2006, aura pour thème : "Orangerie, 1934 : les Peintres de la réalité * ".

Matin, Claude Monet |
Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries
75001 Paris
tél. : 01 44 77 80 07
Ouvert tous les jours, sauf les mardis, 1er mai et 25 décembre




