Le 26 juin 2010, après un peu plus de deux ans de travaux, le musée Fesch d'Ajaccio effectue sa réouverture aux publics. C'est un évènement... Une cohue préside toujours à de tels moments, comme nous l'avions vu à Roubaix pour la Piscine ; des raisons toutes personnelles nous ont rendu impossible d'en effectuer la visite avant le mois de juillet. Au demeurant, nous avons sans doute mieux apprécié ce premier contact avec un établissement qu'il convient désormais d'appeler "Palais Fesch-musée des beaux arts" et dont les salles sont totalement restructurées et climatisées pour présenter plus de 400 œuvres

Les collections sont constituées en grande partie du legs du cardinal Joseph Fesch, oncle Napoléon Ier, qui rassembla le plus important fonds de peintures jamais constituée (environ 16.000 tableaux). Son testament, daté du 4 janvier 1839, stipule que devait être fondé à Ajaccio un « Grand Institut des Études », nanti d’une collection d’œuvres d’art. Le cardinal voulait léguer à sa ville natale une petite partie de son immense collection composée de copies, d’esquisses et de bustes représentant les membres de la famille Bonaparte, des tableaux originaux de toutes les écoles et comptant un bon millier de pièces. S'y ajoute une petite partie de son mobilier, des objets de piété ou de culte et sa bibliothèque et des gravures. Une partie des revenus de la vente de la « grande galerie » du cardinal devait servir à la construction du bâtiment.

Joseph Bonaparte, comte de Survilliers, conteste ultérieurement la validité du legs avec les dispositions prises par son oncle en faveur de la construction du bâtiment dans la ville d’Ajaccio. Pour ne pas engager une longue procédure avec l’héritier du cardinal, la municipalité transige ; un compromis est rédigé à Florence le 1er septembre 1842.

On ne parle plus de legs Fesch, mais de "transaction Survilliers".

Ajaccio y perd des avantages numéraires mais d'autres communes de Corse bénéficient des libéralités du comte de Survilliers. Au final l'ile de Beauté reçoit :

- la bibliothèque du cardinal, avec ses manuscrits (sans les recueils de gravures).

- un millier de tableaux, statues et bustes.

- trois cent tableaux à prendre sur l'ensemble des toiles en dehors de la Grande Galerie. Cent son prévus pour le Collège Royal de Bastia, cinquante pour l'école Paoli de Corte ; les autres à diverses communes insulaires.

- une partie du mobilier du cardinal et d'autres objets mentionnés dans son testament.

- la statue de « Napoléon Consul », œuvre de Maximilien Laboureur.

En contrepartie, la cité d'Ajaccio devait instaurer un lieu où administrer cet ensemble par ses représentants, en lien avec l’évêque de la Corse.

La collection du cardinal Fesch est donc le fond constitutif du musée Fesch d’Ajaccio.

Ses collections d’art présentent avec cohérence les plus grands maîtres de la peinture italienne sur cinq siècles. Comme se plait à le souligner son conservateur : il est s'agit du plus prestigieux des fonds d’art italien visibles en France, après celui du musée du Louvre.

 

En 1866, le musée s'est encore enrichit du legs de Félix Baciocchi, constitué de 64 peintures essentiellement du XIXe siècle ; puis il reçoit, en 1897, un legs du prince Jérôme Napoléon (dit Plonplon) et d'autres encore, plus modestes, jusqu'au XXe siècle.

L’État procède à quelques dépôts, parfois importants en nombre, qui se succéder régulièrement jusqu’en 1973 : la Léda et le cygne de l’atelier de Véronèse ; le Portrait d’homme au gant de Titien... La chalcographie du Louvre dépose ainsi, en 1888, une centaine de gravures tandis que la Manufacture de Sèvre verse en 1912 cinquante-six céramiques contemporaines. D'autres œuvres, isolée, rejoignent aussi le fonds : il s'agit souvent d’artistes originaires de Corse.

Le musée a acquis en 1999 deux dessins de François Boucher d’après Francesco Solimena, ainsi qu’un panneau du Maître du Crucifix sur fond d’argent, représentant, Barthélémy, Jacques le mineur, Simon, Laurent, Catherine d’Alexandrie et Agnès, autrefois dans la collection du cardinal Fesch. Le musée possédait déjà deux panneaux du même ensemble.

Expositions temporaires :

- "Lucien Bonaparte, un homme libre"

- "Titien : l'homme au gant"

- "Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange"